Ultra des coursières 2016, samedi 7 mai 2016 Il est 3 heures le réveil sonne
Tout le monde est endormi, j’ai passé la nuit dans le lit de mon fiston pour ne réveiller personne
C’est le moment le plus désagréable de la journée, enfin, en principe, les sacs, les baskets et tout le matos sont ok c’est prêt
Reste à déjeuner, difficile à cet horaire,  et remplir les bidons,  je ne traine pas, mais j’avoue que les neurones ne sont pas tous allumés
Je n’ai pas trop le « goût », le départ de la course est à 5 heures et je n’ai pas l’illumination des fois précédentes
Finalement pas de stimuli c’est à 45 minutes de chez moi, je connais le secteur, le relief, les paysages, pas de découverte en perspective,
c’est  sans doute pour cela que la flamme ne s’allume pas. Et puis j’ai été recalé pour la diagonale et ce trail devait contribuer à la préparation
donc pas trop d’envie…
Et puis cela fait 3 semaines que je n’ai pas couru et il faut rajouter une blessure sur une préparation approximative et un voyage en Italie  version  mojito et buffet à volonté…
Normal que je me sente un peu lourd mais bon, faut y aller…. il va faire beau et je vais chercher mes 5 points ITRA ça devrait me motiver
Mais je commence à me dire que ces points vont me coûter cher
Sur la route, il fait nuit, normal  c’est la nuit, pas de voiture pas de bouchon y a personne c’est nickel je fais attention au lapin et autre cervidé qui traverse en dehors des clous
Arrivée à st martin en haut (dept 69) dans les monts du lyonnais, juste après St Catherine, la fraicheur me réveille c’est parfait j’en ai besoin, sur le parking je retrouve des collègues d’ATOUSPORT Bruno et Stéphane
Nous nous rendons sur la ligne de départ nous ne sommes pas nombreux un peu plus de 200 coureurs dont 5 féminines, y a du beau monde, des teams, des passionnés ou des marteaux suivant le point de vue
La course sur le papier c’est une boucle de 105 KM  dans les monts du lyonnais avec 4300 m de dénivelé, on monte jusqu’à Yseron ensuite Duerne puis St Symphorien sur coise puis Lamure et passage par st Catherine, st André la cote pour finir retour à st Martin en Haut .
Une belle balade avec 99 % de sentier, l’ambiance est chaleureuse, normal l’association ATOS est portée par une équipe de passionné, leur challenge c’est la solidarité et donc partager leur passion avec les personnes touché par le handicap, ils organisent et financent l’achat de joelette, pour emmener en pleine nature des personnes dont la mobilité ne permettrait pas d’aller sur un trail,
Il est 5 heures l’hymne de la course retentit, c’est le départ, je pars en queue de peloton avec Bruno et Stéphane, je suis poussif, je maudis les buffets des vacances
Le départ est laborieux à la frontale mais il fait bon, la fraicheur de la nuit me réveille toujours un peu plus.
Sur les hauteurs nous assistons même au levé du soleil sur le Mont Blanc, c’est magnifique …
Cela me rappelle pourquoi je suis là et pourquoi le réveil a sonné si tôt
6H15 je range ma frontale, j’ai du mal à me mettre dans la course,  je n’y suis pas encore mais ca va venir, je m’arrête une fois pour vider mes chaussures, une autre pour admirer le paysage, je bois  …bref Je traine la patte,
je suis avec Bruno qui est comme moi, Stéphane lui est parti devant ; on discute on parle des enfants de la petite famille, ça fait du bien, les paysages sont jolis, découverte de lieux que nous ne connaissions pas.
A chaque intersection des organisateurs et une dame sont là et encouragent, nous retrouvons cette dame à chaque carrefour et route traversées, on croirait qu’elle est venue pour nous. Mais en fait, elle suit un coureur, c’est une maman qui suit sa fille l’une des féminine de l’épreuve  …
Elle est de Grammond, elle bosse avec julien, un copain et accompagne sa fille Claudie qui cours son 3 eme ultra des coursières… RESPECT
La course se déroule ainsi entre jolie sentier joli point d’eau ou joli point de vue,  premier puis second ravito, petit à petit je suis rentré dans la course, les jambes ont repris du dynamisme et la phase de réveil est passée, des petits groupes de coureurs se sont formés, j’ai ainsi rencontré Claudie qui est suivi par sa maman puis Elric le savoyard venu en pèlerinage sur la terre de son père et qui court son premier ultra
Finalement à mi-parcours, nous arrivons après 8h de course au km 55, arrêt au ravito de st Symphorien sur Coise. Ce n’est pas si mal, il est 13 h, l’équivalent d’un trail ardéchois.
Je récupère mon sac je mange je me change, je soigne mes pieds pas de bobo, la routine et je repars il fait chaud
Bruno le collègue d ATOUSPORT arrivé jusqu’ici décide d’abandonner il trouve une voiture pour le ramener, pourtant il a fini la saintelyon 2010, mais ce n’est pas son jour, tant pis, une autre fois.
Sorti du ravito je croise un apiculteur avec une combinaison et un nuage d’abeille il me dit pas de souci ça craint rien, il est fou ou quoi !!!! je n’ai qu un tee shirt et lui une combinaison et un casque, je ferme la bouche et traverse l’essaim en marchant …
Nous allons poursuivre la route avec Claudie et Elric, entre échange de gâteau et grande discussion sur le monde et ses problèmes les doutes et les passions de chacun
le trail apparait comme un sport individuel pourtant le seul adversaire c’est soi-même, les autres concurrents sont souvent un réconfort, cette solidarité est essentielle sur du long
les rencontres faites sur un ultra sont souvent fortes et touchantes et c’est dingue ce que l’on peut échanger lorsque l’on court des heures avec quelqu’un …
La « maman » et tous les proches nous encourageront à tous les points de passage ou ravito.
Je réussi à échanger des SMS et coup de fils furtif avec la maison il n y a pas beaucoup de réseau, je suis souvent coupé, tout va bien il fait beau mais chaud …
Au détour d’un sentier une vache en liberté, elle s’est échappé elle nous fait face pourvu qu’elle ne charge pas…
Claudie a envie d’accélérer son père a 66 ans il fait la course comme nous, il est à moins d’une heure devant nous !!! RESPECT
Au environ du km 77 Elric va décrocher nous poursuivrons a deux, Claudie va plus vite dans les descentes je la rattrape dans les montées
J’ai une émotion particulière quand nous rejoingnons le bois d’Arfeuille, passage mythique de la Saintélyon, souvent traversé dans des conditions très difficiles
Drôle de sensation de le passer en tee shirt et une casquette avec la fraicheur d’une fin de journée estivale…
Même par beau temps il y a de la  boue dans ce bois …
Nous traversons st  Catherine après une terrible montée que redoutait Claudie, juste après c’est le dernier ravito ouf « ca sent l’écurie », les doutes sont partis reste à savourer la fin, nous ne sommes pas encore arrivés …
Nous rattrapons Emmanuel sur son premier ultra qui n’en pouvait plus, et qui va retrouver un second souffle avec nous, l’ambiance du ravito est familiale et chaleureuse la soupe excellente et réparatrice, premier repas chaud depuis 5 h du matin il est environ 22 h
Nous ne nous quitterons plus tous les trois jusqu’à la fin
La nuit tombe les frontales sont allumées nous escaladons le Signal, sur un sentier sauvage non balisé,  la montée est épique au milieu des rochers et de la forêt.
Le sommet passé c’est la délivrance il reste quelques kilomètres de descente avant l’arrivée
Cela fait plus de 100 bornes parcourus et nous courons encore, Emmanuel n’en revient pas … c’est incroyable ce que l’organisme peut encaisser et restituer
Nous arrivons à l’entrée de st Martin nous entendons la musique nous entrons dans le gymnase il est 23 heures des supporters sont présents comme nous sommes des gentlemans nous laissons Claudie passer devant c’est extra elle est adulée par le public et tous ses proches, un moment très fort …
Super arrivée, j’ai droit à une biz, merci Claudie pour ta compagnie, merci à ta maman pour le Doliprane, super course, super cadeau, super repas, super staff …nous avons mis 18 heures…
Il est minuit je suis fatigué mais pas tant que ca
Je vais récupérer mon sac de ravito, je rejoins le parking, la voiture me ramène à la maison
Tout le monde est endormi, je prends ma douche et vais me coucher, ce fut une belle journée …
J’étais venu sans passion pour les point ITRA, je reviendrai pour cette course pour les bénévoles pour l’ambiance, cette épreuve est tout à fait délicieuse, engagée mais sans danger, elle m’a envouté, une saintelyon de jour en plus long, attention toutefois, à ne pas confier à toutes les jambes, il y a eu 50% d’abandon …
Merci ATOS
 
A l’heure où j’écris ces lignes le contexte a changé, j’étais sur liste d’attente pour la diagonale, j’ai été repêché, prochain départ le 20/10/2016 sur l’ile de la Réunion, là ça change de dimension…

 

Fred